Nos choix alimentaires ont un impact majeur sur l’avenir de notre planète. Tout le monde sait qu’il faut recycler, composter, épargner l’eau du robinet et le chauffage. Toutefois, on sait beaucoup moins que la réduction de notre consommation d'aliments provenant des animaux permet de freiner grandement la destruction de notre environnement.
– La FAO (Food and Agriculture Organisation), une organisation de l’ONU, 2006
La production des pêcheries n’inclut que le tonnage d’animaux débarqués et commercialisés. L’atteinte à la faune sauvage ne se limite pas à cela. Une partie des animaux capturés ne correspondent pas aux espèces ciblées ; ils sont alors rejetés à la mer, morts ou agonisants. Les rejets concernent aussi des poissons juvéniles. C’est ce qu’on appelle les prises accessoires. Dans certaines pêcheries de cha lutage de crevettes, le rejet peut atteindre 90% de la prise[1]. 89% des requins marteaux et 80% des requins blancs et des requins renard ont disparu de l’Atlantique Nord-Est dans les 20 dernières années suite aux prises accessoires[2]. L’essentiel des corps rejetés ou des déchets issus des poissons éviscérés à bord coule sans être consommé. Une partie est ingurgitée par des poissons ou par des oiseaux nécrophages : c’est ce qui a entraîné la prolifération des goélands et sternes en mer du Nord.
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Mauvaise utilisation de nos ressources Une partie du problème vient du fait qu’il faut nourrir les animaux que nous mangeons avec des quantités importantes de grains (13 livres de grains pour produire 1 livre de bœuf). Ce processus entraîne un gaspillage considérable de nourriture. En effet, convertir des protéines végétales en protéines animales s'avère peu efficace: si on nourrit des animaux avec des céréales, ils ingèrent en moyenne 7 kilocalories pour redonner 1 kilocalorie sous forme de viande. Selon l’ONU, si on utilisait les grains pour nourrir les humains plutôt que les animaux d’élevage, on pourrait nourrir 3,5 milliards d’humains de plus.
Gaspillage d’eau
On pourrait croire que l’élevage de poissons et crustacés est un moyen de relâcher la pression sur la faune aquatique sauvage. C’est une idée fausse. L’aquaculture accroît au contraire la demande de produits de la pêche. Les poissons d’élevage les plus prisés sont des carnivores (saumon, daurade, bar, truite, turbot...) nourris avec des farines et huiles de « poissons fourrage » (anchois, sardines, merlans bleus...). Le développement des élevages a favorisé la surexploitation des stocks de ces poissons de moindre valeur, aux dépens des oiseaux, phoques et poissons carnivores qui disparaissent des zones surexploitées par manque de nourriture. Il faut entre 2,5 et 5 kg de poisson pour produire 1 kg de poisson carnivore d’aquaculture[1]. Le rendement est sensiblement meilleur pour les crevettes[2]. Il est désastreux pour le thon rouge, un grand prédateur surpêché dont on cherche à développer l’élevage: 10 à 20 kg de poisson pour 1 kg de thon rouge. Les carpes et tilapias sont parfois qualifiés de « poissons végétariens » : il s’agit en fait d’omnivores qui peuvent être nourris de végétaux ou d’autres denrées. Depuis le milieu des années 1990, on ajoute des farines de poisson à leur alimentation, si bien qu’en 2007, l’ensemble des élevages de carpes et de tilapias consommait plus d’une fois et demie la quantité de farines de poissons utilisée par les élevages de saumons et crevettes[3].
L’élevage premier responsable des GES
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