Vivre sans viande? Une lettre de réactions à L'actualité (Texte d'opinion)

vivre-sans-viande-actualite-mars-2012 J'ai acheté le numéro du 15 mars 2012 du magazine québécois L'actualité qui consacre une série de pages à un sujet qui préoccupe les végés même s'ils n'en consomment pas, celui de la viande. Depuis mes débuts comme militant, j'essaie d'éviter de parler de la chose, car comme dit le diction parlez en en mal, parlez en en bien, mais parlez-en. Alors, je préfère m'abstenir d'en parler de façon un peu illusoire en espérant qu'on parle plus de santé et de progrès qu'on ne parle de la viande elle même. J'aimerais qu'en arrêtant d'en parler on finisse par oublier la viande... Mais voilà, c'est inévitable, il faut en parler car le pourcentage de la population qui en consomme est énorme. J'ai écrit une lettre de réaction au magazine L'actualité que voici et que j'espère qu'elle sera publiée dans leur section de courrier des lecteurs d'avril. 

"Cela fera bientôt 10 ans que je  m’implique dans la promotion du végétarisme. J’ai entendu bien des arguments abusif de chaque côté de la clôture. J’ai beaucoup apprécié vos articles sur la viande car je crois qu’ils ont bien couvert le sujet et on y retrouve les idées le plus récentes sur la question. Parmi ces arguments, les moins convaincants (les plus récents) de mon avis sont ceux selon lesquels la viande aurait contribué à l'évolution du cerveau humain à cause de son contenu calorique. Contrairement aux paléonutritionnistes, qui s’intéressent aux liens qui auraient pu exister entre la nutrition et le développement cognitif de l’humanité, je crois que la consommation de viande est arrivée de façon accidentelle et fatale et qu'elle n'a pas été déterminante dans l'évolution des capacités du cerveau humain. Pourquoi?

Dans une époque lointaine, les hommes ont sans doute été forcés de tuer des animaux constituant une menace pour leurs familles et/ou leurs tribus. Or, tuer des animaux pour protéger la tribu pouvait aussi attirer des prédateurs vers les carcasses et par le fait même vers la tribu. Il existait peu de manières de faire disparaître les cadavres des animaux menaçants abattus par les chasseurs: les faire brûler, les enterrer, ou les manger. Consommer de la viande (bien cuite!) n’a que peu de conséquences négatives à court terme pour l’organisme. Comment les humains primitifs pouvaient-il réaliser le mal que cette nouvelle nourriture allait nous causer au niveau planétaire actuel? Ils ne le pouvaient pas.  La viande était aussi une nourriture en temps de crise, pas un luxe mais la dernière option choisie par la tribu.

Ce sont les peuples sédentaires qui ont inventé l’écriture et les mathématiques et ce n’est que lorsqu’ils ont délaissé la chasse qu’ils ont commencé à s’épanouir pleinement. Tous sont d’accord : la consommation de viande de l’humanité est devenue un problème, un grave problème.  On fonce dans un mur. Ceux qui regarde vers le paysage, vers l’arrière, et sur les cotés ne voient pas à quelle vitesse le mur approche. N’en déplaise à une industrie traditionnelle bien établie, les avis sont unanimes,  un frein doit être appliqué comme les experts l'expliquent dans l'article.  Pour mieux vendre ma salade, j’aimerais prédire un saut évolutionnaire culturel semblable  à celui qui est survenu lorsque l’humanité à délaissé la chasse, une fois que celle-ci délaissera l’élevage, mais je n’ai pas de boule de cristal et je ne peux que formuler une séduisante supposition que plusieurs trouveront utopique.


Alexandre Gagnon
Fondateur principal
Association végétarienne de Montréal"


Le seul argument des paléontologues pour expliquer le lien entre la consommation de viande et l'augmentation de la grosseur du cerveau de nos ancêtres est la quantité de calories contenues de la viande. Or, il est bien connu que les noix et les céréales en contiennent beaucoup plus. Même pas besoin d'être nutritionniste pour le constater.

 

Note: le contenu de ma lettre ne représente pas une opinion de groupe et s'adresse au lectorat du magazine L'actualité. Il s'agit d'un texte d'opinion basé sur des intuitions qui vise à alimenter une discussion et faire réfléchir. Il n'est pas le fruit de recherches approfondies en archéologie.

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