Les Franc-tireurs abordent la question animale

Dans son reportage du 17 février dernier, l’émission les Franc-tireurs nous a transportés dans le milieu de l’industrie agro-alimentaire québécoise en tentant de répondre à une question simple : « pourquoi tous les animaux ne sont-ils pas traités de la même façon ? ». En partant du constat que l’homme n’avait pas le même respect pour les animaux d’élevage qu’il cuisine, que pour les animaux domestiques qu’il chérie, Richard Martineau a tenté de comprendre les raisons de ces écarts et les alternatives possibles pour résoudre ces problématiques de maltraitance des animaux à l’aide de plusieurs acteurs : Martine Lachance (directrice de Groupe de Recherche International en Droit Animal), Benoit Girouard (président de l’Union Paysanne), et Christian Lacasse (président général de l’UPA).

Les Franc-tireurs abordent la question animale

 

 

 

Tout d’abord, c’est au niveau juridique qu’on rencontre la première entrave au bien-être animal : en considérant les animaux comme des biens meubles, l’État fait en sorte que leurs propriétaires peuvent en user, les faire fructifier, et en abuser. L’animal d’élevage est ainsi un produit que les grandes marques exposent hypocritement aux yeux du consommateur avec une cloche autour du cou, en train de brouter de l’herbe dans les champs et près d’un cours d’eau. Comme le souligne Benoit Girouard, « L’industrie aime bien nous montrer ce que les gens aimeraient voir de l’agriculture ». Cependant, la réalité est toute autre : les bêtes sont entassées dans des hangars, la plupart du temps dans le noir (pour plus de détails sur les conditions de vie des animaux nous vous laissons le soin de visionner Earthlings qui donne un très bon aperçu de la situation aux États-Unis).

 
Aux questions gênantes sur les processus d’élevage des animaux au Québec, le président général de l’UPA prêche sa paroisse avec des réponses d’économie simples parfois au bord de l’insolence. Pour ce représentant de ce lobbying puissant, les animaux sont élevés dans des conditions de respect et de bien-être car les producteurs doivent en prendre soin dans l’intérêt de leur productivité. D’ailleurs, nous sommes heureux de vous apprendre que les conditions de vie des vaches sont en amélioration depuis 20 ans car elles ont maintenant des tapis caoutchoutés sur lesquels elles peuvent s’allonger et de la musique pour se relaxer. De plus, Christian Lacasse affirme que l’agriculture moins intensive est impossible dans un marché où la demande est si élevée, et que le consommateur ne serait pas mieux servi puisque le marché serait inondé de produits étrangers dont le traçage serait moins transparent qu’au Canada. Enfin, toujours avec le même humour (ou naïveté?), le cannibalisme qui se développe chez les animaux se marchant dessus s’expliquerait selon lui par d’instinctifs jeux de pouvoir et de domination, en s’abstenant bien-sûr de préciser qu’ils vivent entassés les uns sur les autres.
 
À ces réponses, Martine Lachance et Benoit Girouard proposent des pistes de réflexion. Puisqu’on ne peut obliger les gens à ne plus manger de viande, on devrait améliorer les conditions de vie des animaux durant les trois étapes de leur vie (élevage, transport, abatage). D’après le président de l’Union Paysanne, pour qu’un animal se sente bien, il suffit de répondre à ses besoins essentiels qui ne différent pas des nôtres mais qui leur sont pourtant retirés : être dehors et prendre le soleil, être actif, manger sainement. Ainsi, l’État devrait recadrer son agriculture en soutenant une production biologique par l’attribution de subventions ciblées sur des produits de qualité, plutôt que de subventionner à la tête ou au poids. Les coûts associés à cette agriculture, comme on le voit aujourd’hui avec le bio, entraineraient forcément des prix plus conséquents, mais c’est à l’État de savoir où il veut investir : la maladie (à ce jour le système de santé est le plus gros budget québécois) ou la santé? En effet, l’agriculture industrielle et son mode de production intensif mettent dans vos assiettes des aliments nutritivement pauvres et gorgés de pesticides, hormones de croissance et antibiotiques; à ce titre de nombreuses études ont déjà montré qu’une telle alimentation met en danger votre santé à long terme. L’idée est classique mais efficace : Produire moins pour produire mieux.
 

Source: Les Franc-tireurs, épisode 313 – 17 février 2010  http://video.telequebec.tv/video/3137

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